Dans le cadre de notre partenariat noué avec la Fédération des Campings de Wallonie en juin 2025, nous avons organisé un atelier Gestion des crises et enjeux climatiques dans les campings à La Roche-en-Ardenne le 28 mai 2026.


Cette journée, pionnière en la matière, a réuni les représentants des campings, les gestionnaires de crise, la Province de Luxembourg, la Zone de secours Luxembourg ainsi que différents experts afin de tirer les enseignements des inondations de 2021 et de renforcer la culture dur risque dans le secteur touristique.

Les échanges ont mis en évidence la vulnérabilité particulière des campings face aux événements climatiques extrêmes, notamment les inondations, les incendies en milieu naturel et les épisodes de sécheresse. Lors de son intervention, Serge Schmitz, professeur ordinaire en géographie rurale à l’Université de Liège, a rappelé l’évolution attendue du climat en Wallonie à l’horizon 2050, avec une hausse des températures et une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes, impliquant une adaptation progressive des infrastructures touristiques et des pratiques de gestion.

Le tourisme et le climat sont étroitement liés. Si l’activité touristique dépend fortement de la qualité des paysages et des écosystèmes, elle contribue également à leur évolution. Dans un contexte de réchauffement climatique, des territoires comme la province de Luxembourg pourraient voir leur attractivité renforcée auprès des visiteurs en quête de fraîcheur et d’espaces naturels préservés, à l’inverse des régions du sud de l’Europe davantage exposées aux fortes chaleurs.

Par ailleurs, la hausse des températures dans les zones urbaines de notre pays devrait encourager le développement des courts séjours en Ardenne. Cette attractivité croissante représente une opportunité économique importante pour le territoire.

Toutefois, cette évolution s’accompagne également d’une augmentation des risques liés aux changements climatiques. Il est donc essentiel d’anticiper dès aujourd’hui ces nouvelles réalités afin de développer une offre touristique résiliente, capable de concilier croissance économique, préservation des ressources naturelles et adaptation aux spécificités climatiques de la province de Luxembourg.

Les témoignages de terrain, notamment celui d’un exploitant de La Roche-en-Ardenne, ont illustré les difficultés rencontrées lors des inondations de 2021 : évacuations complexes, coupures d’électricité, pertes matérielles importantes et insuffisance dans les dispositifs d’assurance. Ces retours d’expérience ont confirmé la nécessité d’améliorer l’anticipation, la coordination des acteurs et la préparation opérationnelle des exploitants.

Les services de secours et les autorités provinciales ont rappelé l’importance d’une approche structurée du cycle du risque, intégrant prévention, préparation, gestion de crise et retour d’expérience. Une attention particulière a été portée à la formalisation des Plans Internes d’Urgence (PIU) simples, opérationnels et régulièrement mis à jour, ainsi qu’à leur articulation avec les Plans Préalables d’Intervention (PPI) des services de secours.

Le colloque a également souligné l’importance d’une communication rapide et coordonnée entre les autorités provinciales, les communes et les exploitants. Les dispositifs d’alerte météorologique, les outils numériques de remontée d’informations terrain et les canaux de diffusion par l’intermédiaire de la Fédération des Campings de Wallonie ont été présentés comme des leviers essentiels pour améliorer la réactivité et limiter les risques lors d’événements majeurs.

Plusieurs actions concrètes ont été identifiées à l’issue de la rencontre : diffusion de modèles simplifiés et adaptés de PIU et de guides pratiques, organisation de serious games associant l’ensemble des acteurs concernés, amélioration des procédures d’évacuation et développement d’un canal d’alerte coordonné avec les autorités locales et les services de secours.

Cette journée de travail a permis de consolider la coopération entre les différents partenaires institutionnels et professionnels et de confirmer la nécessité d’une culture du risque commune afin de mieux protéger les personnes, les infrastructures touristiques et les territoires face aux crises climatiques futures.


Par ailleurs, quelques mois plus tôt, le caractère novateur de nos travaux a été souligné et mentionné par le Ministre de l’Intérieur dans une réponse à une question parlementaire le 15 janvier 2025 au sujet de la formation et de la sensibilisation des citoyens et des touristes à la gestion des crises.


Vous trouverez l’entièreté de la question et de la réponse ici.