Le 8 septembre, le Gouverneur de la province de Luxembourg a eu le plaisir d’accueillir au Palais provincial les coordinateurs des Partenariats Locaux de Prévention (PLP) de la province de Luxembourg, réunis à l’occasion de leur assemblée générale.

Cette rencontre constitue un moment privilégié d’échange entre les différents acteurs engagés dans les PLP : coordinateurs, chefs de corps des zones de police, policiers mandatés et bourgmestres. Elle permet de dresser un bilan des actions menées, d’échanger sur les réalités et les enjeux propres au territoire luxembourgeois et, surtout, de réfléchir aux perspectives d’évolution de ces dispositifs de prévention citoyenne.

 

Les PLP, un dispositif qui s’inscrit dans la prévention locale

Un PLP est un accord de collaboration structuré entre les citoyens, la police locale et les autorités administratives, au sein d’un territoire géographiquement délimité. Son objectif est notamment d’améliorer la communication, de renforcer le sentiment de sécurité et de contribuer à la prévention de la criminalité.

Le dispositif repose sur trois piliers : la participation, la communication et la prévention.

Concrètement, les habitants ou commerçants membres d’un PLP peuvent signaler aux services de police des faits ou comportements suspects observés dans leur quartier. Les informations peuvent ensuite être analysées par les services de police, qui peuvent à leur tour transmettre aux membres du PLP des messages d’alerte ou des conseils de prévention. L’échange d’informations fonctionne par conséquent dans les deux sens.

En cas d’urgence ou de danger nécessitant une intervention immédiate, le PLP ne se substitue évidemment pas aux services de police : le 101 demeure le numéro à appeler pour une intervention policière urgente.

Le coordinateur PLP joue quant à lui un rôle central dans le fonctionnement du partenariat. Il assure l’organisation et le suivi du dispositif et constitue le point de contact entre les membres du PLP et le policier mandaté par la zone de police locale.

 

Une dynamique tripartite

L’une des forces du PLP réside précisément dans son fonctionnement partenarial.

Le dispositif associe trois acteurs :

  • Les citoyens, représentés par le coordinateur PLP
  • la police locale, représentée par le policier mandaté
  • l’autorité administrative, représentée notamment par le bourgmestre

Le PLP n’est donc pas une initiative citoyenne indépendante développée en dehors du cadre institutionnel. Sa création et son fonctionnement reposent sur une concertation entre les citoyens, la police locale et les autorités administratives. Le cadre réglementaire prévoit notamment un accord de collaboration entre ces différents partenaires.

Cette organisation permet de donner une place active au citoyen sans lui conférer une mission policière. Elle favorise au contraire un dialogue structuré entre les habitants et les acteurs chargés de la sécurité.

 

Quels sont les objectifs d’un PLP ?

Les objectifs assignés aux Partenariats Locaux de Prévention sont multiples :

  • accroître le sentiment de sécurité
  • renforcer la cohésion sociale
  • accroître la prise de conscience de l’importance de la prévention
  • prévenir la criminalité et, dans le cadre d’une approche intégrale et intégrée de la sécurité, communiquer les informations relatives à la prévention au sens le plus large du terme
  • atteindre une collaboration entre citoyens et services de police en termes d’échange d’informations.

Au-delà de ces objectifs opérationnels, les PLP participent à une évolution plus large : celle d’une citoyenneté active en matière de sécurité et de prévention.

Un citoyen sensibilisé sait davantage identifier une situation inhabituelle, adopter les bons comportements, transmettre une information pertinente et, surtout, savoir vers quel interlocuteur se tourner.

Cette capacité à observer, comprendre, signaler et réagir de manière appropriée constitue un élément important de la culture du risque.

 

Ce qu’un PLP n’est pas

Il est tout aussi important de rappeler ce qu’un Partenariat Local de Prévention n’est pas.

Un PLP n’a pas vocation à remplacer la police dans ses missions. Les membres ne sont ni des agents de police ni des intervenants de première ligne. Ils ne doivent pas intervenir eux-mêmes face à une situation dangereuse ou tenter de se substituer aux services de secours ou aux forces de l’ordre.

La prévention repose ici sur l’observation, la communication et la transmission de l’information.

Cette distinction est essentielle : participer à la sécurité de son quartier ne signifie pas intervenir soi-même.

Le PLP permet donc au citoyen de devenir un acteur de la prévention, tout en maintenant une séparation claire entre le rôle citoyen et les missions des services professionnels de sécurité.

 

Une dynamique renforcée depuis 2025

Cette philosophie de partenariat bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance institutionnelle renforcée.

Le 3 octobre 2025, Bernard Quintin, Ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, a officiellement signé la reconduction de la convention de collaboration entre la Direction Générale Sécurité et Prévention (DGSP) et le Centre d’Expertise Partenariat Local de Prévention (PLP).

Cette convention vise notamment à poursuivre la structuration et le développement des PLP, à favoriser le partage des bonnes pratiques et à renforcer les outils et la formation destinés aux acteurs de terrain.

Sur le long terme, les orientations fixées par le SPF Intérieur est donc claire : les PLP ne constituent pas uniquement un outil de communication locale. Ils s’inscrivent dans une approche plus globale de la prévention et de la sécurité, dans laquelle la participation citoyenne occupe une place importante.

 

PLP et LUX response : vers une complémentarité autour de la culture du risque

C’est dans cette perspective que cette assemblée générale a également constitué une opportunité pour présenter aux coordinateurs des PLP le programme LUX response et les possibilités de collaboration que nous souhaitons explorer.

LUX response ambitionne de contribuer au développement d’une véritable culture du risque et de la résilience au sein de la population.

Cette ambition repose sur un constat simple : face aux risques auxquels notre société peut être confrontée — qu’ils soient liés aux événements climatiques, aux incendies, aux accidents, aux crises majeures, aux perturbations des infrastructures ou à d’autres situations exceptionnelles — la préparation ne peut pas reposer uniquement sur les services professionnels.

Les services de secours, les forces de l’ordre et les autorités assurent évidemment un rôle essentiel. Cependant, dans de nombreuses situations, les citoyens constituent également le premier maillon de la chaîne.

Ils sont présents sur le terrain. Ils observent. Ils peuvent donner l’alerte. Ils peuvent porter assistance à leur entourage dans les limites de leurs compétences. Et surtout, ils peuvent contribuer à réduire leur propre vulnérabilité en étant mieux informés et mieux préparés.

C’est précisément sur ce terrain que les PLP et LUX response peuvent trouver une complémentarité.

 

Des ambassadeurs de la culture du risque

Les membres des PLP disposent déjà d’une sensibilité particulière aux questions de sécurité et de prévention. Ils sont organisés, en contact avec leur environnement local et habitués à travailler dans une logique de collaboration avec les autorités et les services de police.

Ils constituent dès lors des relais naturels de la culture du risque.

L’objectif ne serait évidemment pas de transformer les PLP en dispositifs de gestion de crise ou en réseaux d’intervention. Il s’agirait plutôt de valoriser leur expérience et leur réseau afin de diffuser davantage les réflexes de prévention et de préparation.

Cette complémentarité pourrait notamment prendre la forme de :

  • séances d’information consacrées aux principaux risques auxquels un territoire peut être exposé
  • actions de sensibilisation à la préparation individuelle et familiale
  • diffusion de conseils pratiques en matière de prévention et de résilience
  • sensibilisation aux bons réflexes en situation d’urgence
  • partage de ressources pédagogiques avec les coordinateurs PLP
  • organisation d’actions communes autour de la culture du risque
  • mise en relation des acteurs locaux de la prévention, de la sécurité et de la gestion des risques

L’idée est simple : faire de la prévention avant la crise, plutôt que devoir tout apprendre pendant celle-ci.

 

De la sécurité quotidienne à la résilience collective

Les PLP et LUX response interviennent sur des champs différents, mais complémentaires.

Le PLP s’intéresse principalement à la sécurité et à la prévention dans un cadre local, en rapprochant citoyens, police et autorités. LUX response souhaite élargir cette logique à l’ensemble des risques susceptibles d’affecter la population et à la capacité de chacun à y faire face.

Cette approche permet de passer progressivement d’une logique de réaction à une logique de préparation.

Un citoyen qui connaît les risques de son environnement, qui sait reconnaître une situation inhabituelle, qui connaît les bons canaux d’alerte et qui dispose de quelques réflexes de base est un citoyen mieux préparé.

Une population mieux préparée est une population plus résiliente.

 

Construire ensemble une culture du risque en province de Luxembourg

La province de Luxembourg possède une réalité territoriale particulière : un territoire vaste, des zones rurales et urbaines, des communes confrontées à des problématiques différentes et une population répartie sur un grand nombre de localités.

Dans ce contexte, les réseaux locaux jouent un rôle essentiel.

Les PLP constituent déjà un maillage citoyen précieux dans de nombreux quartiers. Leur expérience de la prévention, leur connaissance du terrain et leur lien avec les autorités locales peuvent contribuer à faire émerger une culture du risque plus large.

Pour LUX response, l’enjeu est donc de construire avec ces acteurs, et non à leur place.

Il ne s’agit pas d’ajouter un dispositif supplémentaire, mais de mettre en réseau les initiatives existantes, de partager les connaissances et de renforcer les capacités de chacun.

La sécurité du territoire ne se construit pas uniquement dans les centres de crise ou au sein des services professionnels. Elle se construit également dans les quartiers, les villages, les entreprises, les associations et les familles.