Le sud-ouest de l’Europe a subi des inondations dévastatrices durant les mois de janvier et février 2026.

Les inondations de début février 2026 dans la localité andalouse de Grazalema (Espagne)

Le sud-ouest de l’Europe partiellement ravagé


En Espagne et au Portugal, ce sont plus de 11.000 personnes qui ont été évacuées par les autorités. En Andalousie, théâtre de pas moins de 11 tempêtes depuis le début de l’année, le village de Grazalema a été entièrement vidé de ses habitants. Ce phénomène est amené à se reproduire à l’avenir. « D’après nos projections, nous prévoyons des sécheresses plus intenses », indique Rubén del Campo, de l'agence météorologique espagnole (Aemet). « Comme il fera plus chaud, l’évaporation des océans augmentera, alors ces sécheresses seront suivies d’épisodes de pluie très violents. » Quinze décès sont à déplorer.

En matière de pertes économiques, les agriculteurs andalous estiment les pertes à plus de 3 milliards d’€. Cela ne restera pas sans conséquences sur les prix du marché en Belgique, dépendant de la production espagnole.

Du côté portugais, les autorités chiffrent les dégâts de ces épisodes climatiques à plus de 4,7 milliards d’€. Un tronçon de l’autoroute reliant Porto à Lisbonne s’est partiellement effondré.

Plus au nord, dans le sud-ouest de la France, ce sont plus de 1.500 personnes qui ont été contraintes de quitter leur habitation. Au plus fort de la tempête, près de 900.000 foyers ont été privés d’électricité. La mobilisation de 3.000 personnes aura été nécessaire pour remettre le réseau en état de fonctionnement.

Des personnes sinistrées soulignent la fréquence plus élevée de ce type de phénomènes ces dernières années. Une habitante de Fourques (Lot-et-Garonne) témoigne auprès de France Info : Ça va être pire, pire, pire. Le jardin, il est dévasté, il n'y a plus de paysage. Et l'intérieur maintenant… Les gens, ils savent que c'est la fin du monde, si c'est tous les cinq ans. Avant, c'était tous les 40 ans."

Ces catastrophes naturelles ne sont pas sans rappeler les inondations qui ont touché de manière tragique la Belgique, mais aussi l’Allemagne, le Grand-Duché de Luxembourg et les Pays-Bas en juillet 2021. Les recherches scientifiques (https://luxresponse.be/conference-feux-de-foret-parc-naturel-des-deux-ourthes/) sur les changements climatiques soulignent le fait que ces événements météorologiques auront tendance à se multiplier dans les années et les décennies à venir, avec des épisodes climatiques plus marqués, que cela soit au niveau des précipitations que de la sécheresse. Par conséquent, les risques d’inondations augmentent. La province de Luxembourg, en raison de sa situation et de son relief, est plus vulnérable que le reste du territoire belge.


La préparation citoyenne

 

Une récente étude de HEC Montréal (avril 2025) rassemble les témoignages des Québécois évacués lors des gigantesques feux de forêt qui ont touché le Canada en avril 2023. Bien qu’issus d’un contexte éloigné de celui de la province de Luxembourg, ces chiffres ne sont pas sans intérêt pour nos réflexions.

Plusieurs constats sont à effectuer en ce qui concerne la préparation à l’évacuation :

  • Un peu plus de 50% des personnes interrogées avaient préparé des effets personnels avant l’avis d’évacuation émanant des autorités. ;
  • Près de 45% des interrogés avaient préalablement discuté de l’évacuation avec leur entourage ;
  • 43% avaient planifié leur destination ;
  • 25% des personnes n’avaient rien préparé.

 

En ce qui concerne le volet communicationnel, l’enquête québécoise relève que :

  • Plus de 40% des personnes interrogées ont été informées de l’avis d’évacuation par des amis ou de la famille ;
  • Un peu moins de 10% ont été prévenus par le biais du porte-à-porte des services d’urgence ;
  • Seuls 25% ont été informés par les canaux de communication officiels des autorités compétentes (réseaux sociaux, SMS, téléphone etc.).

 

Deux grandes conclusions sont à tirer de cette enquête :

  • Les trois quarts des personnes interrogées ont, à divers degrés, préparé leur évacuation ;
  • Il n’y a que 25% des personnes interrogées qui ont reçu l’avis d’évacuation émanant des autorités.

 

Les épisodes d’inondations survenus ces dernières semaines dans le sud-ouest de l’Europe et les importantes évacuations des habitants qui ont dû être organisées par les autorités nous rappellent la nécessité d’être prévoyants et d’anticiper d’éventuelles mesures d’évacuation.

Des mesures peuvent être prises par les citoyens afin de se préparer à l’évacuation en cas d’urgence, de quelque nature qu’elle soit :

  • Préparer un kit d’urgence (https://luxresponse.be/wp-content/uploads/2024/08/Kit-durgence.pdf) ;
  • Se tenir informé des canaux de communication des autorités (Be-Alert, réseaux sociaux, avoir bonne connaissance des numéros d’urgence) et tenir informé ses voisins et ses proches, en particulier ceux qui auraient un accès plus difficile à ces canaux de communication.

Le Centre de crise national (NCCN) recommande aux citoyens de préparer un kit afin de pouvoir être autonome durant au moins 72 heures (3 jours).

Vous trouverez toutes les informations relatives aux mesures à prendre chez soi sur le site internet du NCCN : https://centredecrise.be/fr/que-pouvez-vous-faire.