Du 15 au 22 décembre 2025, LUX response a accompagné une mission universitaire belge au Bénin. Cette mission, soutenue par l’ARES, a pour objectif de renforcer l’intégration de la culture du risque dans l’anticipation des aléas climatiques et dans la gestion des catastrophes liées aux changements climatiques.

Les plages de Grand Popo (ouest du Bénin) ont été renforcées par l’installation d’épis de rochers et par la plantation de palmiers afin de faire face au phénomène d’érosion.

Le Bénin face aux défis climatiques

Pays d’Afrique de l’Ouest comptant près de 14 millions d’habitants, le Bénin est particulièrement exposé aux effets des changements climatiques. L’érosion du littoral, les inondations récurrentes et les périodes de sécheresse figurent parmi les principaux défis actuels et futurs auxquels le pays est confronté.

Conscient de ces enjeux, le Bénin a adopté en 2022 son Plan national d’adaptation aux changements climatiques (PNA). Celui-ci vise à réduire la vulnérabilité du pays face aux risques climatiques tout en renforçant la résilience des populations. Le plan adopte une approche multisectorielle et identifie huit secteurs clés particulièrement vulnérables :

  • les ressources en eau,
  • l’agriculture,
  • la santé,
  • l’énergie,
  • les écosystèmes forestiers,
  • les infrastructures et aménagements urbains,
  • le tourisme,
  • les zones côtières.

 

Pour chacun de ces secteurs, des mesures d’adaptation à moyen et long terme ont été définies, avec pour objectif d’améliorer significativement la résilience du pays à l’horizon 2030.

 

Une semaine de terrain et d’échanges

La mission s’est articulée autour de plusieurs temps forts :

  • une rencontre avec Son Excellence Madame Sandrine Platteau, Ambassadrice de Belgique à Cotonou ;
  • des travaux collaboratifs avec des universitaires de l’Université de Parakou afin de d’approfondir la problématique et le cadre du projet interuniversitaire ;
  • une visite du littoral, afin d’échanger sur les problématiques liées à l’érosion côtière ;
  • une visite de la cité lacustre de Ganvié (lac Nokoué), marqué par d’importants épisodes d’inondations, notamment en 2010 et 2023.
La ville de Ganvié, plus grande cité lacustre d’Afrique, a récemment subi d’importantes inondations (2010 et 2023).

Vers un projet universitaire de long terme

Cette mission a permis de préparer un dossier universitaire soutenu par l’ARES, portant notamment sur :

  • l’identification des parties prenantes,
  • l’analyse des problématiques,
  • l’élaboration de cadres logiques,
  • la définition des activités du projet.

 

Le projet se déroulera sur une période de 2026 à 2031 et comprendra :

  • la réalisation de trois thèses de doctorat, chacune dédiée à une thématique spécifique ;
  • la production de douze mémoires ;
  • l’organisation de multiples activités multidisciplinaires en lien avec les travaux de recherche.

L’ensemble des travaux s’inscrivent dans une démarche résolument multidisciplinaire, à l’instar de la philosophie du programme LUX response.

 

Une réflexion partagée sur la culture du risque

La semaine passée au Bénin a offert aux participants l’opportunité d’approfondir leur réflexion sur la culture du risque, un enjeu commun à de nombreux territoires. Les risques auxquels le Bénin est exposé — notamment les inondations et les épisodes de sécheresse — présentent en effet des similitudes avec ceux rencontrés dans la province de Luxembourg, favorisant ainsi des échanges d’expériences et de bonnes pratiques.

Le projet est porté conjointement par l’Université de Liège, l’Université de Namur et l’Université de Parakou. La coordination est assurée par Pierre Ozer (Université de Liège) pour le Nord et Yvon-Carmen Hountondji (Université de Parakou) pour le Sud.