Le Centre d’analyse des risques liés au changement climatique (CERAC) a publié en novembre 2025 son premier rapport national d’évaluation des risques climatiques (BCRA) pour la Belgique. Ce travail, d’une portée majeure, identifie 28 risques climatiques cruciaux et met en évidence les vulnérabilités profondes de notre pays face au changement climatique. Il s’impose comme une base scientifique essentielle pour bâtir des stratégies de résilience à long terme — un enjeu parfaitement aligné avec la mission de LUX response.

Les principaux enseignements du rapport du CERAC

  1. Des risques très variés et transversaux
     Le rapport ne se limite pas aux catastrophes “classiques” (inondations, tempêtes) : il couvre aussi des menaces plus “chroniques” comme les vagues de chaleur, la sécheresse, la perte de biodiversité, les impacts sanitaires ou encore les perturbations des écosystèmes. Ces phénomènes interagissent, rendant les scénarios futurs particulièrement complexes.
  2. Groupes particulièrement vulnérables
    Certaines populations sont identifiées comme plus exposées : les personnes âgées, les ménages à faibles revenus, les agriculteurs, ainsi que les habitants des zones urbaines. Ces inégalités dans l’exposition aux risques climatiques soulignent l’urgence d’intégrer la justice sociale dans les politiques d’adaptation.
  3. Conséquences graves sur la santé
    Le rapport évoque des milliers de décès supplémentaires liés à la chaleur, même dans des scénarios optimistes. Il signale aussi l’augmentation des maladies liées aux insectes exotiques (comme des moustiques vecteurs) et des effets sur la santé mentale, les allergies et la qualité de l’air.
  4. Impact macroéconomique et financier
    Le CERAC alerte sur les coûts élevés du changement climatique pour l’économie belge : dommages aux infrastructures, surcoûts liés à la reconstruction, et pression sur les finances publiques. Selon certaines projections, la dette publique pourrait augmenter très significativement si des mesures d’adaptation ne sont pas mises en œuvre.
  5. Menace sur l’assurance
    Les événements climatiques extrêmes et la hausse des sinistres pourraient bouleverser le marché de l’assurance. Certains réassureurs pourraient se retirer, ce qui rendrait l’assurance plus coûteuse, voire inaccessible, pour des particuliers et des entreprises.
  6. Ressources stratégiques menacées
    Le rapport souligne le risque d’un stress accru sur les ressources en eau et les chaînes d’approvisionnement, ainsi que sur l’agriculture. Certains secteurs pourraient subir des pertes économiques lourdes, et la sécurité alimentaire devient un enjeu réel.
  7. Feux de forêt à prévoir
    Le CERAC avertit que la Belgique pourrait connaître une augmentation des incendies – un problème longtemps sous-estimé dans notre pays. Le réchauffement et la sécheresse rendent certaines zones plus sensibles, mais la capacité d’action actuelle semble insuffisante face à ces risques.
  8. Limites planétaires et cadre systémique
    En amont de l’évaluation des risques, le CERAC s’appuie sur le concept des limites planétaires, traduisant à l’échelle belge des seuils critiques (changement climatique, perte de biodiversité, cycles biogéochimiques, etc.)

Pourquoi ce rapport est stratégique pour LUX response

Pour notre projet LUX response — centré sur la préparation des populations, la culture du risque et la résilience territoriale — le rapport du CERAC est une ressource cruciale :

  • Il fournit une base scientifique solide pour identifier les priorités d’adaptation à notre échelle : commune, intercommunalité, province.
  • Les risques identifiés (santé, eau, inondations, etc.) permettent de développer des plans de sensibilisation ciblés et des scénarios de formation pour les citoyens.
  • Les inégalités de vulnérabilité soulignées sont un appel à intégrer des actions de justice sociale dans nos stratégies : tous les habitants ne sont pas égaux face aux risques.
  • L’anticipation des impacts économiques et de la pression sur les infrastructures montre qu’il est urgent de mobiliser les acteurs publics, privés et associatifs autour d’une vision partagée de la résilience.
  • Enfin, le rapport renforce l’argument selon lequel la résilience climatique est un enjeu de sécurité nationale et collective, pas seulement un sujet environnemental.

Recommandations : ce qu’il faudrait faire maintenant

Sur base des conclusions du rapport, voici quelques pistes que LUX response pourrait promouvoir ou intégrer :

  1. Organiser des ateliers citoyens pour sensibiliser aux risques identifiés (chaleur, sécheresse, inondations), avec des messages adaptés aux publics vulnérables.
  2. Collaborer avec les autorités locales pour élaborer ou renforcer des plans d’adaptation territoriale, basés sur les scénarios du rapport.
  3. Créer des partenariats avec le secteur de la santé pour anticiper les besoins futurs (canicules, maladies vectorielles, impacts psychologiques).
  4. Proposer des politiques d’assurance et de financement locale pour aider les populations vulnérables à se protéger (résilience économique).
  5. Plaider auprès des décideurs provinciaux pour que les conclusions du CERAC soient intégrées dans les stratégies de résilience territoriale à long terme.

Conclusion

Le rapport CERAC / BCRA marque un tournant. Il appelle à reconnaître que le changement climatique n’est pas un risque lointain, mais une menace systémique déjà à l’œuvre, avec des conséquences sociétales, économiques et sécuritaires très concrètes.
Pour LUX response, ce rapport constitue une ressource stratégique : il valide l’importance d’investir dans la résilience, de sensibiliser dès aujourd’hui et de planifier des actions de long terme.


Consultez l'ensemble du rapport en cliquant sur le lien suivant : https://www.cerac.be/fr/bcra