Vous vous demandez peut-être comment sont gérés les risques d’inondation en Wallonie et quels sont les acteurs impliqués dans cette gestion.

 

Le plan P.L.U.I.E.S. : une approche globale du risque

Initialement au niveau régional, la gestion du risque d’inondation repose notamment sur le plan P.L.U.I.E.S. (Prévention et Lutte contre les Inondations et leurs Effets sur les Sinistrés), adopté par le Gouvernement wallon en 2003 afin de répondre aux récurrents épisodes d’inondation.

Ce plan aborde la problématique par bassin versant et vise à coordonner les différents services et acteurs compétents afin d’assurer une plus grande cohérence entre les différentes actions menées.

Le Groupe Transversal Inondations (GTI) ainsi que la cartographie de l’aléa d’inondation, permettant d’identifier les zones susceptibles d’être touchées par les inondations (disponible sur la cartographie du Géoportail de Wallonie), ont été mis en place dans le cadre de ce plan.

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Le plan P.L.U.I.E.S. poursuit cinq objectifs :

  • Objectif 1 : améliorer la connaissance des risques de crues et d’inondations
  • Objectif 2 : diminuer et ralentir le ruissellement des eaux sur le bassin versant
  • Objectif 3 : aménager les lits des rivières et les plaines alluviales en tenant compte des aléas météorologiques et hydrologiques, tout en respectant et en favorisant les habitats naturels, facteurs de stabilité
  • Objectif 4 : diminuer la vulnérabilité dans les zones inondables
  • Objectif 5 : améliorer la gestion de crise en cas de catastrophe

 

Les Plans de Gestion des Risques d’Inondation

À l’échelle européenne, la directive 2007/60/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2007, relative à l’évaluation et à la gestion des risques d’inondation, détermine un cadre commun pour les États membres.

Cette directive prévoit notamment l’élaboration de Plans de Gestion des Risques d’Inondation (PGRI). Ces PGRI ne se superposent pas au plan P.L.U.I.E. S., mais s’inscrivent dans l’actualisation du plan de 2003. Les PGRI reprennent les 5 grands objectifs énumérés plus haut.

En Région wallonne, la gestion est organisée à l’échelle des grands bassins hydrographiques internationaux : Meuse, Escaut, Rhin et Seine.

L’ensemble du territoire wallon est ensuite divisé en 15 sous-bassins hydrographiques. En province de Luxembourg, nous dénombrons cinq sous-bassins : Lesse, Ourthe, Semois-Chiers, Amblève et Moselle.

Afin de coordonner la gestion de ces différents sous-bassins hydrographiques, un Contrat de rivière est institué pour chacun d’entre eux. Le renforcement de la lutte et de la résilience face aux risques d’inondations fait partie des missions attribuées aux Contrats rivière de Wallonie.

 

Des actions à chaque étape du cycle du risque

Les PGRI ont pour objectif d’aborder le risque d’inondation de manière globale. Ainsi, leur intervention est structurée selon les différentes étapes du cycle de gestion du risque :

  • Prévention : éviter autant que possible l’apparition ou l’aggravation du risque
  • Protection : réduire les conséquences potentielles des inondations
  • Préparation : anticiper la survenue d’une inondation et organiser la réponse
  • Réparation et retour à la normale : limiter les conséquences d’un événement et favoriser un retour rapide à une situation normale

Les PGRI sont établis pour des périodes de six ans. Le cycle actuel couvre la période 2022-2027, tandis que la préparation du prochain cycle, à savoir la période 2028-2033, est déjà en cours.

 

Les comités techniques par sous-bassin hydrographique

La préparation des prochains PGRI 2028-2033 s’appuie en particulier sur les Comités techniques par sous-bassin hydrographique (CTSBH).

Ces comités techniques réunissent les différents acteurs concernés par la gestion du risque d’inondation : autorités compétentes, communes, provinces, services régionaux, experts, services de secours et d’intervention, gestionnaires de crise et autres structures impliquées dans les différentes étapes du cycle du risque.

Leur fonctionnement repose sur plusieurs principes : transversalité, concertation, approche par bassin versant, vision à long terme et solidarité entre l’amont et l’aval.

Organisés par le SPW, en collaboration avec les Contrats de rivière, dont il a été question précédemment, ces comités permettent d’échanger sur les risques identifiés, les actions déjà menées et les mesures qui pourraient faire l’objet d’une mise en œuvre dans les années à venir. Le bilan et les résultats des opérations menées précédemment font également l’objet de discussion, toujours dans le but de préparer l’avenir.

 

Un large éventail de mesures

Dans le but d’agir sur le risque d’inondation, les autorités disposent d’un large éventail de mesures et de possibilités d’intervention, allant de l’aménagement du territoire aux travaux hydrauliques, en passant par la sensibilisation, la préparation à la crise ou encore l’amélioration de la connaissance du risque auprès des habitants concernés. Ce catalogue de mesures est établi par le SPW.

Parmi les mesures proposées figure notamment l’amélioration de la préparation des communes, en particulier au travers du travail des conseillers en planification d’urgence (CPU) et de l’intégration du risque d’inondation dans les Plans généraux d’urgence et d’intervention communaux (PGUI).

L’information et la préparation de la population constituent également un volet important : connaissance des zones exposées, accès aux informations disponibles (notamment par le biais de la cartographie en ligne), comportements à adopter et mesures préventives permettant de réduire la vulnérabilité des habitations et de leurs résidents.

Ce sont autant de domaines dans lesquels LUX response, en étroite collaboration avec ses partenaires, contribue à renforcer la préparation et la résilience des territoires et de leurs populations.

 

Une approche allant au-delà du seul risque d’inondation

Lors des récentes réunions des CTSBH, la question des feux en milieu naturel a été largement abordée. Ces échanges ont notamment mis en évidence les liens existants entre les mesures visant à réduire le risque d’inondation et celles destinées à limiter le risque de feu de végétation.

La gestion de l’eau constitue un exemple significatif de cette complémentarité. Les stratégies visant à favoriser l’infiltration et la rétention de l’eau dans les sols et les milieux naturels, plutôt qu’à accélérer son ruissellement vers les cours d’eau, peuvent contribuer à réduire les volumes d’eau arrivant rapidement en aval lors d’épisodes de fortes précipitations.

Cette capacité des sols et des milieux naturels à retenir l’eau peut également jouer un rôle lors des périodes de sécheresse. En particulier, la préservation de sols forestiers et de leur capacité à conserver de l’humidité constitue un élément parmi d’autres de la prévention du risque de feu de végétation. Ce sont des réflexions qui sont déjà en cours depuis un certain temps parmi les différents gestionnaires de l’eau de notre territoire provincial. Les récents feux de forêt qui ont calcinés des milliers d’hectares en Wallonie confortent la pertinence de cette approche globale et transversale.

 

Mieux connaître les risques pour mieux s’y préparer

La connaissance et l’identification des zones exposées constituent une étape majeure de cette démarche. En Wallonie, la cartographie de l’aléa d’inondation, accessible via le Géoportail de Wallonie et dont il a déjà été question dans cet article, permet notamment de mieux identifier les secteurs susceptibles d’être touchés et contribue à la prise en compte du risque dans les politiques d’aménagement et de prévention.

Prévenir, anticiper, se préparer et agir : la gestion du risque d’inondation repose donc sur la mobilisation de nombreux acteurs, à différentes échelles et à chaque étape du cycle du risque.

C’est dans cette logique de coordination, de sensibilisation et de renforcement de la résilience que s’inscrit le programme LUX response.